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une conversion......quel sérénité!

publié le par Pierre Roland-Gosselin   [ mis à jour : ]

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Abbé Grosjean- Célibat des Prêtres

publié le 3 nov. 2019 à 14:08 par Pierre Roland-Gosselin

Abbé Grosjean - Célibat des prêtres

Le Séminaire des Barbelés par Abbé Paul Amar

publié le 3 nov. 2019 à 13:41 par Pierre Roland-Gosselin   [ mis à jour : 3 nov. 2019 à 13:42 ]

Merci Monsieur Zemmour !

publié le 30 oct. 2019 à 10:53 par Paroisse Blanzay

Si simple à écouter!


« Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise »

publié le 2 oct. 2019 à 11:53 par Paroisse Blanzay

Message du Cercle Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI sur « Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise »

Symposium du Cercle des Etudiants et le Nouveau Cercle des Etudiants Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI

Le samedi 28 septembre, le Cercle des Etudiants et le Nouveau Cercle des Etudiants Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI (Ratzinger-Schülerkreis) a tenu son symposium annuel sur le thème du sacerdoce ministériel, sous le titre : « Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise ». Cette rencontre sur le prêtre (son être, sa vie et son ministère) a eu lieu à l’Institut Patristique Augustinianum de Rome, sous la présidence de Son Eminence M. le Cardinal Kurt Koch, avec la participation de Son Eminence M. le Cardinal Gerhard Müller, et de nombreux Professeurs, dont Karl-Heinz Menke (Bonn), Maria Esther Gómez de Pedro (Santiago-Chili), Christoph Ohly (Trêves) et Marianne Schlosser (Vienne).

Pour la première fois, cette journée d’études a été ouverte au public, avec la conviction que le temps était venu de faire connaître la pensée théologique du Pape émérite Benoît XVI à un auditoire plus vaste. Dans un message final publié en sept langues, il est rappelé que Jésus-Christ lui-même a établi dans son Église le ministère sacerdotal apostolique, afin de se rendre présent de manière sacramentelle dans l’être et l’agir du prêtre. Cela implique nécessairement le célibat pour le Royaume des cieux, qui est l’expression humaine et spirituelle concrète, privilégiée et indissociable de la configuration sacramentelle du prêtre au Christ (le prêtre est alter Christus et ipse Christus). En effet, le prêtre, qui n’est pas un fonctionnaire, accomplit sa mission, qui vient de Dieu, en étant uni ontologiquement au Christ par le sacrement de l’Ordre (in persona Christi). La vocation du prêtre – son appel et son être – et la vie du prêtre – son ministère et son mode vie – sont donc déterminées uniquement par la Volonté de Jésus-Christ, et ne proviennent donc pas de considérations humaines, ni même uniquement de règles ecclésiales qui seraient susceptibles de changer au gré des circonstances. En effet, si ces règles sont nécessaires, elles ne peuvent en aucun cas contredire la Volonté du Christ. En ce temps de crise et de purification douloureuse de l’Eglise, ce ne sont pas principalement les réformes structurelles qui peuvent procurer aux prêtres à la fois une aide et une guérison, mais le témoignage authentique d’une foi vécue dans l’Ordre sacré du sacerdoce ministériel. Ainsi, une issue ne pourra être trouvée que si la nature du ministère sacerdotal est et reste claire, avec des prêtres qui en témoignent sans ambiguïté.

 

La théologie de Joseph Ratzinger/Pape Benoît XVI répond à ce double défi, et trace un chemin, dans la Tradition de l’Eglise, qui conduit à une réforme visant à conformer la vie du prêtre à la Volonté du Christ, afin de lui rendre sa pleine et entière crédibilité.

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Voici le message final du symposium public « Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise » :

1.      A l’occasion du symposium sur le thème : « Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise », le Cercle des Etudiants et le Nouveau Cercle des Etudiants Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI, après de nombreuses années, ont voulu, pour la première fois, s’ouvrir plus largement. Cette décision a été prise avec la conviction que le temps était venu d’ouvrir la pensée théologique du Pape émérite Benoît XVI à un auditoire plus vaste dans le cadre des conférences et des débats. Nous sommes heureux et reconnaissants que tant de personnes intéressées aient accepté cette invitation, et nous espérons que cela constituera également un bon point de départ pour nos futurs travaux.

 

2.      La lettre adressée aux prêtres par le Pape François à l’occasion du 160èmeanniversaire de la mort du Saint Curé d’Ars – le 4 août 2019 – a également renforcé notre décision de consacrer nos travaux au thème de l’ordination sacerdotale. Dans un « temps de souffrance », marqué par le scandale des abus, nous relevons ce défi de chercher « des paroles et des chemins d’espérance » pour que, dans ce « temps de purification ecclésiale », la beauté et l’importance du ministère ordonné soient reconnues et acceptées de nouveau comme un don du Seigneur à son Eglise. C’est pourquoi, dans le cadre de nos réflexions, nous avons mis un accent plus particulier sur l’aspect sacramentel du ministère sacerdotal ordonné, et nous avons essayé de l’approfondir à la lumière de la théologie de Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI.

 

3.      Les réflexions sur le sacerdoce ordonné sont inséparablement liées à la question de la nature de l’Eglise. La théologie de Joseph Ratzinger est basée sur le Concile Vatican II et en offre une interprétation authentique. Le Pape Jean XXIII l’avait déjà reconnue lorsque, avec une grande satisfaction, il avait pris note de la conférence préparée par le Professeur Ratzinger pour le Cardinal Frings sur le thème « Le Concile Vatican II face à la pensée moderne ». Le dernier Concile qualifie l’Eglise de « sacrement universel du salut » (LG 48). En tant que telle, elle est « le signe et le moyen de l’union la plus intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (LG 1). Dans l’Eglise, le Ressuscité continue son œuvre de salut. Par le baptême, conformé au Christ et incorporé à l’Eglise qui est son Corps, le chrétien reçoit une part de la vie éternelle, et il est appelé à marcher sur le chemin de la sainteté. Tous les baptisés qui ont reçu le sacerdoce commun sont appelés à cette vie et à ce témoignage. Au centre de l’Eglise – et cela est clairement exprimé dans la théologie de Joseph Ratzinger – on trouve des personnes qui mènent une vie sainte. Tel est le but du chrétien : se conformer à Jésus-Christ. C’est pourquoi nous rendons grâce pour tous les témoignages de cette sainteté dans le mariage et la famille, dans la vie consacrée, et dans toutes les autres formes qui existent aujourd’hui dans l’Eglise.

 

4.      Pour comprendre le ministère ordonné, une perspective sacramentelle est nécessaire, telle que le dernier Concile l’a présentée. Le Christ Seigneur a établi dans son Eglise divers ministères de consécration « pour le bien de tout le corps » (LG 18). La vocation et la vie du prêtre sont déterminées uniquement par la volonté de Jésus-Christ (cf. He 5, 1 ss.) et ne proviennent pas de considérations humaines ou de règles ecclésiales. En Lui et avec Lui, le prêtre devient « le prédicateur de la Parole et le ministre de la Joie ».

 

5.      La conformation au Christ que le prêtre reçoit dans le sacrement de l’Ordre comporte une différence essentielle et non seulement de degré par rapport au sacerdoce commun (cf. LG 10). Le prêtre agit « en la personne du Christ, Tête de l’Eglise » (agere in persona Christi capitis). Il n’est pas un fonctionnaire ; il accomplit sa mission, qui vient de Dieu, en étant uni au Christ. Cela est particulièrement clair dans son pouvoir sacré de pardonner les péchés, de transformer le pain et le vin en Corps et Sang du Christ, et de célébrer les autres sacrements. Le prêtre représente sacramentellement le Christ en tant que Bon Pasteur (cf. Jn 10, 10). Selon la doctrine de l’Eglise, la raison fondamentale et essentielle de la représentation sacramentelle du Christ dans le prêtre réside dans cette relation personnelle entre le Christ et l’Eglise, entre le prêtre et les fidèles. Le prêtre ne représente pas le Christ comme un ambassadeur, mais il s’agit d’une représentation réelle, dont le critère décisif est de suivre le Christ sur la Croix.

 

6.      On peut déduire de ces affirmations fondamentales que le style de vie du prêtre doit être en harmonie avec le style de vie du Christ. Ce n’est qu’à cette condition que la « représentation » du prêtre deviendra crédible. La présence du Christ ne doit pas se limiter à la seule action sacramentelle, mais elle doit devenir reconnaissable et efficace dans la vie quotidienne. Cela comporte les obligations de l’obéissance et du célibat pour le Royaume des cieux, qui sont des expressions humaines et spirituelles de la configuration sacramentelle du prêtre au Christ. Par conséquent, l’ordination sacerdotale implique la suite personnelle du Christ, tandis que le péché constitue un scandale qui obscurcit sa crédibilité. Le prêtre ne devant son existence qu’au Christ, la participation au mode de vie de Jésus est aussi « appropriée » (PO 5) pour ceux qui agissent « in persona Christi ». Ainsi, selon la Tradition constante de l’Eglise latine, le célibat du prêtre constitue un témoignage de l’espérance fidèle et de l’amour généreux envers le Christ et son Eglise.

 

7.      En ce temps de crise et de purification douloureuse de l’Eglise, ce ne sont pas principalement les réformes structurelles qui procurent une guérison et une aide, mais le témoignage authentique d’une foi vécue. Ce n’est que lorsque le regard de tous sera dirigé vers Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu, que l’Eglise sera renouvelée.

 

8.      L’affirmation de saint Paul : « J’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai transmis » (cf. 1 Co 11, 23) reflète bien le caractère du prêtre. La grandeur de ce don est obscurcie par les scandales et sa crédibilité est ébranlée. Une issue ne peut être trouvée que si la nature du ministère ecclésiastique ordonné est et reste claire et en quoi la vie en constitue le témoignage. La théologie de Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI répond à ce double défi, et montre un chemin, lié à la Tradition, qui conduit à cette réforme visant à conformer la vie du prêtre à celle du Christ, en lui donnant sa crédibilité.

 

9.      Nous confions l’étude et la prière de cette rencontre à l’intercession et à l’assistance de la Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église.

Décès du cardinal Roger Etchegaray

publié le 6 sept. 2019 à 06:54 par Pierre Roland-Gosselin   [ mis à jour : 6 sept. 2019 à 06:59 ]

Le cardinal Roger Etchegaray, ancien archevêque de Marseille et proche collaborateur du pape Jean Paul II pendant plus de vingt ans, est mort mercredi à l'âge de 96 ans.
Le cardinal Roger Etchegaray est mort ce 4 septembre 2019 à Cambo-les-Bains, dans le département des Pyrénées-Atlantiques (France), a annoncé Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron. Le temps d’une journée, le haut prélat qui allait souffler sa 97e bougie, le 22 septembre prochain, a été le cardinal le plus âgé.

Basque de naissance, Roger Etchegaray est ordonné pour le diocèse de Bayonne en 1947. En 1969, le pape Paul VI le nomme évêque auxiliaire de Paris, puis archevêque de Marseille l’année suivante. C’est en 1979 qu’il reçoit la barrette cardinalice des mains du pape Jean Paul II dont il restera pendant plus de vingt ans l’un des principaux collaborateurs.

À lui les missions délicates

En avril 1984 en effet, le pontife polonais lui confie les rênes de ce qui s’appelait, à l’époque, la commission pontificale Justice et Paix. À ce titre, le cardinal français accomplit plusieurs missions diplomatiques délicates en différents points du globe : à Cuba auprès de Fidel Castro, en Irak auprès de Saddam Hussein, au Rwanda en plein génocide, à Jérusalem ou encore en Chine.

Entre 2005 et 2017, il avait, en outre, été vice doyen du Collège cardinalice avant de remettre cette charge entre les mains du pape François et de venir se reposer dans son pays basque natal.

Ses funérailles auront lieu lundi 9 septembre 2019 à 10h30 en la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne.






Pourquoi le faux “débat apaisé” du projet de loi bioéthique dissimule une violence politique, idéologique et sociale

publié le 28 juil. 2019 à 08:24 par Pierre Roland-Gosselin


Dans Valeurs Actuelles , par  Guillaume Drago ?  Jeudi 25 juillet 2019 à 11:32

"Marche pour la Vie" en opposition à la "PMA pour toutes", présente dans la loi bioéthique, le 20 janvier 2019 © Michel Stoupak / NurPhoto

“Sous les apparences de la recherche d’un ‘débat apaisé’ se cache une grande violence politique et idéologique que les Français doivent savoir décrypter”, analyse Guillaume Drago, président de l’Institut Famille et République.

Aucun gouvernement ne recherche les conflits sociaux. Mais on est parfois obligé d’y passer tant les Français aiment les controverses et s’opposer entre eux, en bons « Gaulois réfractaires », selon l’expression aujourd’hui consacrée par le président de la République. Les sujets « sociétaux » ne sont pas en peine de telles oppositions. Et le projet de loi Bioéthique sera sans doute la controverse de la rentrée. Raison de plus pour ce gouvernement de tenter de faire passer cette réforme majeure pour la filiation et la procréation selon un calendrier précis et qui révèle la grande duplicité d’un exécutif qui avance masqué. Sous les apparences de la recherche d’un « débat apaisé » se cache une grande violence politique et idéologique qu’on veut ici dénoncer et que les Français doivent savoir décrypter.

L’essentiel d’abord : le projet de loi Bioéthique lui-même. Il ouvre la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes en couple et aux femmes seules, dégageant le père du processus de reconnaissance de l’enfant à naître, faisant ainsi fi de la filiation père-mère, posant un principe de filiation fondée sur « le projet parental » et non plus sur la nature même de la filiation père-mère. L’évidence est niée au profit du « projet » que les parents ont pour eux-mêmes et non pour l’enfant. De là découle la suppression de la condition médicale pour la PMA, ouvrant à tout vent le processus créatif de l’enfant et le remboursement de ces procédés par la solidarité nationale. Pour assurer une stabilité juridique à ces « projets parentaux », la filiation deviendrait ainsi un acte de volonté et non plus l’évidence de la parenté (la mère de l’enfant est celle qui accouche, le père bénéficie d’une présomption de paternité). Bref, après le droit du couple déconstruit en 2013, c’est le droit de la filiation qui est détruit par le projet de loi Bioéthique. La violence sociale d’un tel projet est aussi considérable que si l’on décidait de supprimer d’un coup la notion de famille et l’autorité parentale. Cette violence sociale est le fruit de l’idéologie d’une minorité agissante au profit de la réalisation par la technique de tous les désirs d'enfant, pour le plus grand profit du marché de la procréation qui voudrait se développer en France, alors qu'il est actuellement contenu par l'objectif thérapeutique qui réserve la PMA aux cas d'infertilité pathologiques. On veut ainsi remplacer le soin par le seul désir d’enfant.

Mais cette violence ne s’arrête pas là. Elle se traduit aussi dans le débat parlementaire à venir. La machine gouvernementale avance masquée mais avec une détermination sans faille. Derrière le « débat apaisé » se cache le projet d’une absence de débat parlementaire. La pièce est en plusieurs actes.

Acte I : Le Gouvernement modifie les conditions du débat à l’Assemblée nationale.

Le Règlement de l’Assemblée a été modifié en juin dernier, sans d’ailleurs déclencher les foudres d’un Conseil constitutionnel peu enclin à contrôler le fonctionnement interne du Parlement. Il faut simplement répondre aux « exigences de clarté et de sincérité du débat parlementaire ». Avec un contrôle de ce type, toute restriction du débat est pratiquement autorisée. Ainsi, les temps de parole se limitent à 5 ou 10 minutes selon les textes, les députés non-inscrits dans un groupe n’ayant plus que 5 minutes de temps de parole. Ou encore, les explications de vote, qui permettent d’expliquer les raisons d’une forte opposition à un texte, deviennent à la discrétion du président de séance et ne sont plus de droit. Surtout, le droit d’amendement, droit fondamental du parlementaire, se trouve concentré en commission et plus en séance publique.

L’hémicycle ne peut plus être une tribune de débats aux yeux des Français. Avec de telles modifications, le débat est verrouillé à l’avance et l’opposition perd un espace de dialogue et de proposition.

Acte II : le calendrier parlementaire est finement défini.

Après l’adoption en conseil des ministres du projet de loi Bioéthique le 24 juillet, en fin de session parlementaire, la commission va commencer ses travaux en pleine période estivale : entre le 25 juillet et début septembre… On est ainsi assuré de travailler de façon très apaisée… Puis on organise un premier examen en septembre, rapidement, sans traîner, en utilisant le « temps législatif programmé » qui va réduire encore plus le temps de débat dans le calendrier parlementaire.

Acte III : on lance une communication tous azimuts, par twitter, par interviews multiples dans la presse, sur un ton « apaisé », bonhomme, tranquille, comme si les sujets en cause étaient de caractère banal, sans enjeu, dans le style « la révision des lois Bioéthiques, quoi… comme d’habitude, tous les cinq ans… ».

Acte IV : on constate qu’il y a certes une opposition, au Parlement, dans de très nombreux mouvements mais justement, « ils ne veulent pas d’un débat apaisé », « ils sont agités », « ils sont agressifs », et évidemment « ils sont homophobes ».

Comprendre : ceux qui ne sont pas avec nous doivent être disqualifiés dans le débat puisque ce Gouvernement porte la « bonne » parole. Si l’opposition n’accepte pas le « débat apaisé », c’est qu’ils ont des choses à se reprocher, donc il faut les disqualifier.

Chacun aura compris la tactique fallacieuse de ce gouvernement. Derrière les propos lénifiants se prépare une violence familiale et sociale qui veut faire exploser le droit de la filiation pour le remplacer par un droit de la seule volonté et du « projet parental ». En muselant le débat parlementaire, l’effet sera immédiat : ce débat aura lieu ailleurs, dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans la rue, et il y a fort à parier qu’il ne sera vraiment « policé ». En rétrécissant l’espace du débat parlementaire, ce sont les institutions représentatives que l’on fragilise. Le vrai débat se passera ailleurs et ce Gouvernement en portera la responsabilité.

https://www.valeursactuelles.com/societe/pourquoi-le-faux-debat-apaise-du-projet-de-loi-bioethique-dissimule-une-violence-politique-ideologique-et-sociale-109372?fbclid=IwAR2OzaKS1BbpHkfQZYyp7RGZaRNHZOcAhIWGTeHrdlQ34mrcefsbK2s3PAg

 

 

La Chapelle des Feuillants sauvée

publié le 8 juin 2019 à 02:29 par Pierre Roland-Gosselin

Très beau texte d'Elisabeth de Courrèges, ergothérapeute

publié le 21 mai 2019 à 16:23 par Pierre Roland-Gosselin


Demain je vais essayer de soigner Bernard. Comme #VincentLambert, Bernard ne marche plus, n'a plus aucun geste volontaire, ne nous répond plus, ne nous regarde plus, ne peut sans doute plus résoudre: "combien font 2+2". 
Comme Vincent Lambert, Bernard ne guérira probablement jamais. Alors à quoi bon ?

Et pourtant, demain, pendant que l'on retirera à Vincent Lambert le plus essentiel de ses moyens d'existence, je vais essayer de soigner Bernard.

Je continuerai de toquer doucement à sa porte avant de lui lancer mon plus tonitruant "Bonjour Monsieur ! ". Je lui ferai remarquer que cette pluie est assez désolante après 15 jours de beau temps, moi qui reviens de montagne et espérais conserver mon petit teint hâlé. Sans espoir de réponse. Je regarderai l'état de ses mains recroquevillées avant de les étirer, mettrai de la crème sur ses talons rouges, passerai un bâtonnet d'eau citronnée le long de ses lèvres sèches. Je veillerai au bon déroulé de sa perfusion, au bon fonctionnement de son lit et de son matelas à air, au bon positionnement au mur des photos de ses trois fistons, à l'état des branches de muguets à l'entrée de sa chambre. Je tâcherai d'y mettre toute mon intelligence, toutes mes compétences, toute ma bonne volonté, et même mes maladresses. Je ne lui dirai peut-être pas, mais j'y mettrai toute ma foi, qui ne déplace pas encore des montagnes, mais qui me permet déjà de les gravir, pour Bernard et pour tous ceux qui ne le peuvent plus.

Car comme Vincent Lambert, Bernard ne marche plus et ne commande plus ses gestes , mais il n'est pas prouvé qu'il n'effectue plus de voyage intérieur. Bernard ne nous répond plus, mais il n'est pas prouvé qu'il ne nous entend plus. Bernard ne nous regarde plus, mais il n'est pas prouvé qu'il ne nous voit plus. Bernard ne peut plus résoudre: "combien font 2+2" mais il n'est pas prouvé qu'il n'aime plus. Comme Vincent Lambert, Bernard ne guérira plus, mais, lui, vivra jusqu'à sa mort naturelle.

Car, bien que confrontés à l'incertitude médicale, confrontés au doute existentiel quant à la réelle présence de Bernard, confrontés au flou de son pronostic (aussi lourd que son silence), confrontés à la peur d'en devenir fous, confrontés au mystère d'un corps inanimé que l'âme n'a pas quitté, nous avons tout de même fait le choix, soignants et famille de Bernard, de lui permettre de vivre sa vie.

Bien évidemment, ni lui, ni sa famille, ni aucun de nous n'aurions désiré vivre cette vie, qui porte en elle et autour d'elle tant de douleurs à atténuer, de souffrances à apaiser, de crises à traverser, de colères à évacuer, de chagrins à consoler, de limites infranchissables auxquelles consentir.
Pourtant, cette vie, qui est là, porte aussi en elle une valeur infiniment respectable, intrinsèque à son humanité, incomparable, inquantifiable , inaliénable, inaltérable : la dignité de la personne humaine. Cette dignité qu'aucun handicap, qu'aucune blessure, qu'aucune souillure, qu'aucune dépendance, qu'aucun qualificatif réducteur ne peut faire perdre à Bernard.

Alors demain, pendant que l'on plongera Vincent Lambert dans le mystère d'une agonie provoquée et anticipée, j'essaierai de soigner Bernard. Malgré leurs limites et leur maladresse, puissent , mon regard, mes gestes, mes attentions et mes mots témoigner de mon profond attachement pour la vie de Bernard, et manifester au monde la grandeur de la dignité de toute personne humaine. En particulier des plus fragiles.

"Vous qui vivez en toute quiétude 
Bien au chaud dans vos maisons, 
Vous qui trouvez le soir en rentrant 
La table mise et des visages amis, 
Considérez si c'est un homme 
Que celui qui peine dans la boue, 
Qui ne connaît pas de repos, 
Qui se bat pour un quignon de pain, 
Qui meurt pour un oui pour un non. 
N'oubliez pas que cela fut, 
Non, ne l'oubliez pas : 
Gravez ces mots dans votre cœur. 
Pensez-y chez vous, dans la rue, 
En vous couchant, en vous levant ; 
Répétez-les à vos enfants."
Primo Levi, Si c'est un Homme


source: https://www.facebook.com/edecourreges?fref=search&__tn__=%2Cd%2CP-R&eid=ARD_Xw7n17VWeawPef2dZxKtrS5RpwIEJMErvMPFYiku-4NFdaxAOgDUF0lGzygbRxXDV_qImxdFhdbS

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