CHANDELEUR...

publié le 3 févr. 2012 à 01:18 par Olivier du Chambon
Les laïcistes mangeront-ils des crêpes aujourd'hui ?

Petit rappel bienvenu de Jacques de Guillebon :
     "Ce jeudi, c'est crêpes. Tout le monde va en manger, au moins tous ceux qui ont quelque progéniture dans leur foyer, ou tout autre gourmand ayant conservé son âme d'enfant. Peu nombreux pourtant qui se soucieront de l'origine de cette tradition. Elle nous ramène, comme il n'est pas rare dans ce pays et dans ce continent, à notre culture chrétienne, c'est-à-dire juive en l'occurrence : la Chandeleur - c'est son nom - est en effet la fête de la Présentation de Jésus au Temple, qui est en même temps le jour de la Purification de la Vierge.
        Car le Lévitique édicte : " Lorsqu'une femme deviendra enceinte, et qu'elle enfantera un mâle, elle sera impure pendant sept jours (...) Le huitième jour, l'enfant sera circoncis. Elle restera encore trente-trois jours à se purifier de son sang ; elle ne touchera aucune chose sainte, et elle n'ira point au sanctuaire, jusqu'à ce que les jours de sa purification soient accomplis. "
     Le 2 février, quarante jours après Noël, commémore ainsi la venue de Marie la jeune mère au Temple, et comme l'année liturgique chrétienne est composée avec une finesse et une intelligence redoutables, ce jour tombe précisément au moment où les antiques païens, par leurs sanglantes Lupercales romaines ou par leur Imbolc celte, célébraient le renouveau des semailles et le début de la fin de l'hiver.
    Pour les chrétiens, Jésus est la lumière du monde : le jour de sa naissance fixé au solstice hiémal, quand le " sol invictus " prouve bien qu'il l'est en renaissant dans la nuit obscure, résonne avec ce jour de la Chandeleur, où le Sauveur commence d'être présenté au monde. La nuit se dissipe peu à peu, la lueur d'une terre nouvelle perce.
     Mais ce jeudi, si c'est crêpes, c'est surtout qu'au Vème siècle, le pape Gélase en fit distribuer gratuitement au peuple romain, en signe de fête. Car la Chandeleur annonce aussi les temps carnavalesques qui eux-mêmes précèdent le Carême. [...] Où que le contemporain tourne la tête, il est de toute part acculé à se réjouir avec le chrétien de choses qui le dépassent.
J'ignore si c'est dur à vivre."