La grande misère de l’Eglise catholique aux Pays-Bas

publié le 7 févr. 2014 à 04:06 par Olivier du Chambon   [ mis à jour : 7 févr. 2014 à 04:07 ]

En visite ad limina à Rome, les évêques néerlandais ont fait savoir au Pape François la grande misère des catholiques des Pays-Bas., l’exode des fidèles et des pratiquants ayant atteint des proportions critiques. La Cardinal Willem Eijk, archevêque d’Utrecht, s’en est ouvert au micro de Radio-Vatican, soulignant que des centaines d’églises catholiques sont aujourd’hui menacées de fermeture et que l’Eglise « qui est au Pays-Bas » est au bord de l’effondrement après s’être « sécularisée de manière drastique », rapporte Hilary White. Le nombre de catholiques pratiquants continue de diminuer. Pendant les années 1950, 90 % des catholiques allaient encore à l’église tous les dimanches. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 5 %. Cela a des conséquences matérielles : l’Eglise catholique ne reçoit aucune subvention publique, ne vivant que du denier du culte et des dons volontairement versés par les fidèles. « C’est pourquoi nous sommes forcés à fermer de nombreuses églises » a-t-il expliqué.

Les Pays-Bas sont emblématiques de l’effondrement religieux de l’Europe occidentale à partir des années 60. S’agissant des Pays-Bas, les chiffres sont brutalement clairs : dans les années 1950, 40% des Néerlandais appartenaient à l’Eglise Catholique ; la même proportion qu’en 1830, mais avec une population jeune et dynamique, contrastant avec l’effondrement du calvinisme.

Selon l’Institut Catholique de Recherches Socio-religieuses ,en 2006, les Pays-Bas comptaient 4,3 millions de catholiques sur une population totale de 16 millions de personnes, soit une diminution de 700 000 fidèles depuis l’an 2000, et de 1,3 million de fidèles depuis 1980 […].

La réalité est beaucoup plus crue, puisque, en gros, seulement 60% des 4,3 millions catalogués comme catholiques se considèrent tels, autrement que de nom. Environ 7% de la population catholique va à la messe le dimanche, comparativement à 14% en 1990, et à 24% en 1980. Il y avait 950 prêtres séculiers actifs en 2006, 2150 en 1990 et 3400 en 1980. Rares sont les jeunes candidats à la prêtrise. Le nombre d’ordinations se situe entre 10 et 15 par an pour tout le pays.