La renonciation de Benoît XVI, un acte "révolutionnaire"

publié le 16 févr. 2014 à 05:42 par Olivier du Chambon   [ mis à jour : 16 févr. 2014 à 05:42 ]

ROME, 11 février 2014 - Un an après l'annonce de la renonciation de Benoît XVI – 11 février 2013 – Mgr Georg Gänswein, son secrétaire particulier, évoque cet événement historique dans un entretien accordé au Centre de télévision du Vatican (CTV).

« Le 11 février de l’année dernière a été un jour très particulier », un jour marqué de « tristesse et de gratitude », se souvient-il : « partir est toujours quelque chose de triste, quelque chose qui fait mal, qui est douloureux » mais « d’un autre côté, il y avait aussi un sentiment de gratitude pour ces années que j’avais pu vivre auprès d’un grand pape ».

Un an plus tard, l'archevêque estime que cette renonciation a été « un acte d’un grand courage, un acte révolutionnaire même, qui a ouvert des possibilités que personne ne pouvait voir à ce moment-là » : « l’impact immense du pape François dans le monde a été facilité par la renonciation du pape Benoît. Il a ouvert une possibilité qui n’existait pas alors », ajoute-t-il.

« Le pape a dit lui-même, lorsqu’il a lu le texte de l’annonce, qu’il n’était plus capable de guider la barque de Pierre, l’Église du Seigneur », rappelle-t-il : « Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien », a en effet déclaré Benoît XVI devant les cardinaux, lors d'un consistoire

Mgr Gänswein décrit cette décision comme « un acte d’amour envers le Seigneur, envers l’Église et envers les fidèles, de s’écarter pour ouvrir une possibilité à quelqu’un qui a plus de force et qui peut poursuivre son œuvre ».

L'archevêque précise à l’agence Reuters que Benoît XVI est « en paix » : retiré au monastère Mater Ecclesiae du Vatican, le pape émérite « est loin du monde, mais il est présent dans l’Église ».

Il occupe son temps « par l’étude, la lecture et la correspondance, il reçoit des visiteurs, joue du piano et prie en se promenant dans les jardins du Vatican » : « Il va bien, mais il porte aussi le poids de son âge. C’est un homme âgé physiquement, mais il a l’esprit vif et très clair ».

« Sa mission maintenant, comme il l’avait dit, est d’aider l’Église et son successeur, le pape François, par sa prière. C’est sa tâche première et essentielle », indique l’archevêque, soulignant la « bonne relation entre le pape François et Benoît XVI : « ils s’écrivent, se téléphonent, se parlent et s’invitent mutuellement ».

Mgr Gänswein est « convaincu que l’histoire donnera un jugement différent de ce qu’on a souvent lu dans les dernières années de son pontificat », car « ce ne sont pas les médias qui donnent la mesure d’un travail, d’une manière d’agir, mais c’est ce qui est juste aux yeux de Dieu et de sa conscience ».