Le Sacré Coeur et la France

publié le 28 juin 2011 à 12:52 par Olivier du Chambon   [ mis à jour : 28 juin 2011 à 23:10 ]
   Au XVIII° siècle, la reine Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, suggère en 1751 l’adoration perpétuelle du Sacré-Cœur dans le Saint-Sacrement. Elle obtient du Pape Clément XIII la fête du Sacré-Cœur dans tous les diocèses de France.
 
    Louis XVI voulait se consacrer au Sacré-Cœur, mais la tourmente révolutionnaire ne lui permet pas de réaliser ce vœu.
 
    L’armée vendéenne, en 1794, arbore pour la première fois une image du Sacré-Cœur.
 
    Marie de Jésus, chanoinesse des Augustines, reçoit un message du Christ en 1823 : « La France est toujours bien chère à mon Divin Cœur et elle lui sera consacrée . Mais il faut que ce soit le Roi lui-même qui consacre sa personne, sa famille et tout son royaume à mon divin Cœur et qu’il fasse élever un autel. Je prépare à la France un déluge de grâces lorsqu’elle sera consacrée à mon divin Cœur… et toute la terre se ressentira des bénédictions que je répandrai sur elle. » Mais Louis XVIII ne réalise pas le vœu de consécration au Sacré-Cœur.
 
En 1865, les fêtes de la béatification de sainte Marguerite-Marie marquent un tournant dans l’extension générale de la dévotion.

En 1870, l’impératrice Eugénie, catholique espagnole fervente, tente de consacrer la France. L’appel au Sacré-Cœur touche huit évêques qui consacrent leur diocèse au cours de la guerre de 1870-1871. 

Le 6 octobre 1870, Mgr Pie, évêque de Poitiers, dit en chaire : « Le crime qui nous attire de si cruels châtiments c’est le crime public, le crime social, le crime national. Elevons nos cœurs vers le Cœur de Jésus pour lui faire une consécration personnelle, domestique, nationale. » Le drapeau du Sacré-Cœur paraît sur les champs de bataille.

Le 8 décembre 1870, deux Parisiens exilés à Poitiers, Alexandre Legentil et son beau-frère Hubert Rohault de Fleury, font le vœu de faire ériger 
une église dédiée au Sacré-Cœur à Paris.
En 1872, Mgr Guibert, archevêque de Paris, approuve le projet. Le choix de Montmartre « Montagne des Martyrs » s’explique parce que « c’est là que saint Denis et ses compagnons de martyre ont répandu, avec leur sang, les premières semences de la foi chrétienne, qui ont fructifié si rapidement dans la Gaule septentrionale. »
 
    Le 25 juillet 1873 le projet de loi tendant à déclarer d’utilité publique la construction d’une église sur la colline de Montmartre est adopté.

    Le 31 juillet, le Pape Pie IX reconnaît que par ces faits la France implore la miséricorde de Dieu, et lui confirme son honneur de Fille aînée de l’Eglise.

    Au XX ° siècle, Claire Ferchaud a pour mission d’aller dire au président Poincaré de la part du Christ :
 «  L’image de mon Cœur doit sauver la France. Si on la respecte, c’est le salut ; mais si on la foule aux pieds, ce sont les malédictions du Ciel qui tombent et écrasent tout le peuple, va droit à ceux qui vous gouvernent. »
 
    Malheureusement, cette petite vendéenne ne convaincra personne.


                    
 
    Pourtant, durant les guerres successives, la France met le Sacré-Cœur à l’honneur sur son drapeau. L’Europe l’imite. Au cours de la « Grande Guerre », le Pape Pie X prophétisa : « ne perdez jamais confiance dans la Providence, mais priez le Sacré-Cœur de Jésus qui garde la France du haut de Montmartre. »
 
    Actuellement, même si elle est plus discrète, cette dévotion au Cœur de Jésus rencontre la même foi : à Montmartre, on compte environ 10 000 adorateurs.