« Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise »

publié le 2 oct. 2019 à 11:53 par Paroisse Blanzay
Message du Cercle Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI sur « Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise »

Symposium du Cercle des Etudiants et le Nouveau Cercle des Etudiants Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI

Le samedi 28 septembre, le Cercle des Etudiants et le Nouveau Cercle des Etudiants Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI (Ratzinger-Schülerkreis) a tenu son symposium annuel sur le thème du sacerdoce ministériel, sous le titre : « Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise ». Cette rencontre sur le prêtre (son être, sa vie et son ministère) a eu lieu à l’Institut Patristique Augustinianum de Rome, sous la présidence de Son Eminence M. le Cardinal Kurt Koch, avec la participation de Son Eminence M. le Cardinal Gerhard Müller, et de nombreux Professeurs, dont Karl-Heinz Menke (Bonn), Maria Esther Gómez de Pedro (Santiago-Chili), Christoph Ohly (Trêves) et Marianne Schlosser (Vienne).

Pour la première fois, cette journée d’études a été ouverte au public, avec la conviction que le temps était venu de faire connaître la pensée théologique du Pape émérite Benoît XVI à un auditoire plus vaste. Dans un message final publié en sept langues, il est rappelé que Jésus-Christ lui-même a établi dans son Église le ministère sacerdotal apostolique, afin de se rendre présent de manière sacramentelle dans l’être et l’agir du prêtre. Cela implique nécessairement le célibat pour le Royaume des cieux, qui est l’expression humaine et spirituelle concrète, privilégiée et indissociable de la configuration sacramentelle du prêtre au Christ (le prêtre est alter Christus et ipse Christus). En effet, le prêtre, qui n’est pas un fonctionnaire, accomplit sa mission, qui vient de Dieu, en étant uni ontologiquement au Christ par le sacrement de l’Ordre (in persona Christi). La vocation du prêtre – son appel et son être – et la vie du prêtre – son ministère et son mode vie – sont donc déterminées uniquement par la Volonté de Jésus-Christ, et ne proviennent donc pas de considérations humaines, ni même uniquement de règles ecclésiales qui seraient susceptibles de changer au gré des circonstances. En effet, si ces règles sont nécessaires, elles ne peuvent en aucun cas contredire la Volonté du Christ. En ce temps de crise et de purification douloureuse de l’Eglise, ce ne sont pas principalement les réformes structurelles qui peuvent procurer aux prêtres à la fois une aide et une guérison, mais le témoignage authentique d’une foi vécue dans l’Ordre sacré du sacerdoce ministériel. Ainsi, une issue ne pourra être trouvée que si la nature du ministère sacerdotal est et reste claire, avec des prêtres qui en témoignent sans ambiguïté.

 

La théologie de Joseph Ratzinger/Pape Benoît XVI répond à ce double défi, et trace un chemin, dans la Tradition de l’Eglise, qui conduit à une réforme visant à conformer la vie du prêtre à la Volonté du Christ, afin de lui rendre sa pleine et entière crédibilité.

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Voici le message final du symposium public « Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise » :

1.      A l’occasion du symposium sur le thème : « Les défis actuels du ministère ordonné dans l’Eglise », le Cercle des Etudiants et le Nouveau Cercle des Etudiants Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI, après de nombreuses années, ont voulu, pour la première fois, s’ouvrir plus largement. Cette décision a été prise avec la conviction que le temps était venu d’ouvrir la pensée théologique du Pape émérite Benoît XVI à un auditoire plus vaste dans le cadre des conférences et des débats. Nous sommes heureux et reconnaissants que tant de personnes intéressées aient accepté cette invitation, et nous espérons que cela constituera également un bon point de départ pour nos futurs travaux.

 

2.      La lettre adressée aux prêtres par le Pape François à l’occasion du 160èmeanniversaire de la mort du Saint Curé d’Ars – le 4 août 2019 – a également renforcé notre décision de consacrer nos travaux au thème de l’ordination sacerdotale. Dans un « temps de souffrance », marqué par le scandale des abus, nous relevons ce défi de chercher « des paroles et des chemins d’espérance » pour que, dans ce « temps de purification ecclésiale », la beauté et l’importance du ministère ordonné soient reconnues et acceptées de nouveau comme un don du Seigneur à son Eglise. C’est pourquoi, dans le cadre de nos réflexions, nous avons mis un accent plus particulier sur l’aspect sacramentel du ministère sacerdotal ordonné, et nous avons essayé de l’approfondir à la lumière de la théologie de Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI.

 

3.      Les réflexions sur le sacerdoce ordonné sont inséparablement liées à la question de la nature de l’Eglise. La théologie de Joseph Ratzinger est basée sur le Concile Vatican II et en offre une interprétation authentique. Le Pape Jean XXIII l’avait déjà reconnue lorsque, avec une grande satisfaction, il avait pris note de la conférence préparée par le Professeur Ratzinger pour le Cardinal Frings sur le thème « Le Concile Vatican II face à la pensée moderne ». Le dernier Concile qualifie l’Eglise de « sacrement universel du salut » (LG 48). En tant que telle, elle est « le signe et le moyen de l’union la plus intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (LG 1). Dans l’Eglise, le Ressuscité continue son œuvre de salut. Par le baptême, conformé au Christ et incorporé à l’Eglise qui est son Corps, le chrétien reçoit une part de la vie éternelle, et il est appelé à marcher sur le chemin de la sainteté. Tous les baptisés qui ont reçu le sacerdoce commun sont appelés à cette vie et à ce témoignage. Au centre de l’Eglise – et cela est clairement exprimé dans la théologie de Joseph Ratzinger – on trouve des personnes qui mènent une vie sainte. Tel est le but du chrétien : se conformer à Jésus-Christ. C’est pourquoi nous rendons grâce pour tous les témoignages de cette sainteté dans le mariage et la famille, dans la vie consacrée, et dans toutes les autres formes qui existent aujourd’hui dans l’Eglise.

 

4.      Pour comprendre le ministère ordonné, une perspective sacramentelle est nécessaire, telle que le dernier Concile l’a présentée. Le Christ Seigneur a établi dans son Eglise divers ministères de consécration « pour le bien de tout le corps » (LG 18). La vocation et la vie du prêtre sont déterminées uniquement par la volonté de Jésus-Christ (cf. He 5, 1 ss.) et ne proviennent pas de considérations humaines ou de règles ecclésiales. En Lui et avec Lui, le prêtre devient « le prédicateur de la Parole et le ministre de la Joie ».

 

5.      La conformation au Christ que le prêtre reçoit dans le sacrement de l’Ordre comporte une différence essentielle et non seulement de degré par rapport au sacerdoce commun (cf. LG 10). Le prêtre agit « en la personne du Christ, Tête de l’Eglise » (agere in persona Christi capitis). Il n’est pas un fonctionnaire ; il accomplit sa mission, qui vient de Dieu, en étant uni au Christ. Cela est particulièrement clair dans son pouvoir sacré de pardonner les péchés, de transformer le pain et le vin en Corps et Sang du Christ, et de célébrer les autres sacrements. Le prêtre représente sacramentellement le Christ en tant que Bon Pasteur (cf. Jn 10, 10). Selon la doctrine de l’Eglise, la raison fondamentale et essentielle de la représentation sacramentelle du Christ dans le prêtre réside dans cette relation personnelle entre le Christ et l’Eglise, entre le prêtre et les fidèles. Le prêtre ne représente pas le Christ comme un ambassadeur, mais il s’agit d’une représentation réelle, dont le critère décisif est de suivre le Christ sur la Croix.

 

6.      On peut déduire de ces affirmations fondamentales que le style de vie du prêtre doit être en harmonie avec le style de vie du Christ. Ce n’est qu’à cette condition que la « représentation » du prêtre deviendra crédible. La présence du Christ ne doit pas se limiter à la seule action sacramentelle, mais elle doit devenir reconnaissable et efficace dans la vie quotidienne. Cela comporte les obligations de l’obéissance et du célibat pour le Royaume des cieux, qui sont des expressions humaines et spirituelles de la configuration sacramentelle du prêtre au Christ. Par conséquent, l’ordination sacerdotale implique la suite personnelle du Christ, tandis que le péché constitue un scandale qui obscurcit sa crédibilité. Le prêtre ne devant son existence qu’au Christ, la participation au mode de vie de Jésus est aussi « appropriée » (PO 5) pour ceux qui agissent « in persona Christi ». Ainsi, selon la Tradition constante de l’Eglise latine, le célibat du prêtre constitue un témoignage de l’espérance fidèle et de l’amour généreux envers le Christ et son Eglise.

 

7.      En ce temps de crise et de purification douloureuse de l’Eglise, ce ne sont pas principalement les réformes structurelles qui procurent une guérison et une aide, mais le témoignage authentique d’une foi vécue. Ce n’est que lorsque le regard de tous sera dirigé vers Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu, que l’Eglise sera renouvelée.

 

8.      L’affirmation de saint Paul : « J’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai transmis » (cf. 1 Co 11, 23) reflète bien le caractère du prêtre. La grandeur de ce don est obscurcie par les scandales et sa crédibilité est ébranlée. Une issue ne peut être trouvée que si la nature du ministère ecclésiastique ordonné est et reste claire et en quoi la vie en constitue le témoignage. La théologie de Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI répond à ce double défi, et montre un chemin, lié à la Tradition, qui conduit à cette réforme visant à conformer la vie du prêtre à celle du Christ, en lui donnant sa crédibilité.

 

9.      Nous confions l’étude et la prière de cette rencontre à l’intercession et à l’assistance de la Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église.
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