LITURGIE POUR LES PAUVRES de l'Abbé Vincent de Mello

publié le 30 juin 2012 à 12:20 par Olivier du Chambon
        Les Hosanna des Rameaux ont sonné fortement, puis la lecture de la Passion a fait descendre sur l’assemblée une profonde gravité. La Semaine Sainte commençait. La petite Chloé, 2 ans, s’exclame après 1 h 40 de cérémonie : « Maman, que c’est beau ! »
    Comment a-t-on pu vouloir appauvrir la liturgie ? Elle est faite pour les pauvres et les petits, pour qu’ils voient la beauté du mystère de Dieu. Les liturgies d’université ont privé les pauvres du mystère. Pourquoi avoir toujours peur d’être débordés par du « rubricisme liturgiques » ? Les rubriques sont-elles péché ?
    On ne cesse de nous opposer la forme et le fond ; chaque ecclésiastique fait à sa manière, selon son impression : l’obéissance à l’Eglise après tout n’irait pas jusque-là ! En attendant , ce sont toujours les pauvres et les petits -dont on ne cesse pourtant de nous parler dans des fiches liturgiques recuites et éculées et des prières universelles lassantes - qui trinquent. Notre paresse liturgique et peut-être notre orgueil nous font toujours penser et dire que, lorsque Rome enseigne sur ce sujet, seuls les voisins sont concernés…
    Alors on continue de célébrer la messe sans chasuble, dans des calices en terre, en ré-écrivant les préfaces, sur des nappes et des linges d’autel tachés, et tant pis pour le voilement des statues pendant la Passion, puisqu’il est facultatif, ou pour le voile du calice… Pourtant ces détails additionnés font entrer dans une réalité n’est pas que cette terre.
    Pour Chloé, ce « spectacle » n’était pas du théâtre. Dix jours après, les siens pleuraient sa mort brutale. Heureuse Chloé qui dans sa petitesse a vu liturgiquement ce qu’elle contemple maintenant pour toujours.