Mois d’octobre, mois du Rosaire

publié le 4 oct. 2011 à 03:36 par Olivier du Chambon   [ mis à jour : 4 oct. 2011 à 03:46 ]
Rappelons cette merveilleuse conversion :

Au début de 1842, un jeune juif, Alphonse Ratisbonne, prépare un voyage au Proche Orient. Esprit profond, mais sceptique, il ne pratique plus les prescriptions judaïques de ses ancêtres. Cependant, il montre une certaine curiosité pour le mystère de la destinée des hommes. Son frère, lui, après avoir renoncé au judaïsme, se fait baptiser. Sa famille voudrait qu’il passe par Rome. Lui refuse, mais, voulant prendre un billet pour Malte, il se retrouve au bureau des voyages pour Rome… « Une main invisible m’a poussé » dira-t-il plus tard. Le voilà donc à Rome qu’il visite en touriste. Cependant, il doit rencontrer un ami de ses parents avant de quitter la Ville Eternelle : Monsieur de Bussières, qui lui offre la médaille miraculeuse.
« Mais je suis juif, et juif je mourrai. »
« Puisque vous êtes si sûr de vous, osez me promettre de la porter sur vous. »
Pour avoir la paix, Ratisbonne accepte de porter au cou la médaille miraculeuse, un peu comme une amulette.
« Ce n’est pas tout », dit de Bussières en lui tendant un papier, « copiez cette prière et récitez-la chaque jour. Il s’agit du Souvenez-vous de saint Bernard. »
Il lira et relira ce texte pour comprendre pourquoi il plaît tant à son ami.

   Le 20 janvier 1842, Ratisbonne se trouve au café place d’Espagne. Arrive Monsieur de Bussières en voiture qui lui dit : « Je suis obligé de m’arrêter à l’église Saint-André. Faites moi la grâce de m’accompagner et ensuite nous nous promènerons, le temps est magnifique. »
  Ratisbonne sourit et se laisse faire. Ils arrivent devant l’église. Ratisbonne entre pour la visiter.

«  L’église Saint-André est petite, pauvre et déserte….Machinalement, je promenais mon regard. Tout à coup, je me sentis saisi d’un trouble inexprimable. J’ai levé les yeux. Tout l’édifice était comme voilé à mon regard. Une seule chapelle avait pour ainsi dire concentré toute la lumière, et, au milieu de ce rayonnement, apparut debout sur l’autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie telle qu’Elle est sur ma médaille. Une force irrésistible m’a poussé vers Elle…
La Vierge m’a fait signe de la main de m’agenouiller et un autre signe exprimait clairement cet ordre :  « Ne résistez pas ». Et comme je me suis prosterné, Elle a semblé me dire : « C’est bien ainsi ».

Accablé, Ratisbonne relève la tête pour admirer cette Beauté céleste ; hélas ! L’éclat est insoutenable et lui permet seulement de contempler les mains où il lit l’expression du pardon et de l’amour.

« J ‘étais là, prosterné, baigné dans mes larmes, le cœur hors de moi-même, lorsque Monsieur de Bussières me rappela à la vie. »

« Je suis allé vers lui, raconte Monsieur de Bussières devant la commission d’enquête, je l’ai secoué à diverses reprises sans qu’il s’aperçoive de ma présence. Enfin, le visage en larmes, il monta dans ma voiture et me dit : « Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris. »

Monsieur de Bussières emmène son ami voir le Père de Villefort, à qui Ratisbonne déclare en montrant sa médaille :  « Je l’ai vue, je l’ai vue ! »

Après une sérieuse enquête, un décret pontifical indiqua «  qu’il était certain qu’un vrai et unique miracle, opéré par Dieu, à l’intercession de la Vierge Marie, avait produit la conversion instantanée et parfaite d’Alphonse-Tobie Ratisbonne. »

Cette conversion grâce à la médaille miraculeuse, eut un retentissement extraordinaire dans toute l’Europe.