OBAMACARE (par Loïc Mérian)

publié le 17 mars 2012 à 07:26 par Olivier du Chambon
    L’Eglise américaine vit depuis plusieurs années un véritable marathon d’opposition au président Obama sur sa réforme du système de santé, l’Obamacare. Après de multiples mises en garde, les évêques sont désormais unanimes à condamner ce projet de loi qui, en réorganisant le système de santé américain, inclut, entre autres, l’obligation pour toutes les institutions religieuses, de faire souscrire à leurs employés des contrats d’assurance-maladie qui couvrent le remboursement des pilules abortives, des moyens contraceptifs et de la stérilisation… sous peine de lourdes amendes. Désormais toutes les compagnies d’assurance devront inclure la couverture des moyens contraceptifs ou abortifs.
    La levée de bouclier est sans précédent, chaque évêque s’impliquant officiellement, personnellement et énergiquement dans ce débat au nom de la liberté de conscience et de religion, pourfendant une attaque sans précédent.
    L’évêque de Tulsa, Mgr Edward J. Slattery, appelait même début février ses fidèles à la désobéissance civile en citant Léon XIII : «  Les principes dont la volonté est en opposition avec la volonté et les lois de Dieu, dépassent en cela les limites de leur pouvoir et renversent l’ordre de la justice ; dès lors, leur autorité perd sa force, car où il n’y a plus de justice, il n’y a plus d’autorité. »
    L’Eglise américaine ressemble à ses sœurs européennes ; elle est aussi traversée par une crise des vocations et de la foi mais, contrairement à elles, ses membres et en particulier ses évêques s’impliquent vigoureusement dans la vie de la société, non seulement sur les questions sociales, mais aussi et surtout sur les questions morales.
    Depuis de nombreuses années, évêques et cardinaux sont dans la rue pour demander la révision des lois sur l’avortement. Pour la défense de ce que le cardinal Ratzinger appelait les points non négociables (défense de la vie, de la famille, du droit à l’éducation par les parents), les évêques s 'impliquent publiquement de manière forte et n’hésitent pas à tancer les hommes politiques catholiques qui mettraient « la lumière sous le boisseau » On peut trouver cela exagéré ?
     Le résultat est que le catholicisme est une composante bien vivante de la société américaine, ses thèmes font débat et l’avortement est une question politique centrale, de très nombreux laïcs s’impliquent avec conviction… on en est très loin hélas en France !