PETITE REFLEXION SUR LA CREMATION

publié le 13 juil. 2012 à 11:07 par Olivier du Chambon
    L’Eglise, « même si elle ne s’oppose pas à la crémation à condition que l’incinération du corps ne soit pas effectuée en haine de la foi, considère la sépulture comme la solution la plus adéquate pour exprimer la foi dans la résurrection des corps et pour permettre le recueillement.
     La crémation sera déclarée conclue lorsque l’urne sera déposée au cimetière. »
    Même si certaines législations permettent de répandre les cendres ou de les conserver dans des lieux distincts du cimetière, « il s’agit de pratiques qui contredisent la cohérence de la foi chrétienne et se rattachent à des conceptions panthéistes ou naturalistes. »
    
Ce nouveau rituel doit servir à retrouver la signification de la mort.  
Ce rituel reflète la foi des croyants en soulignant le respect des défunts, du corps humain, même après la mort. Il montre combien est forte l’exigence de cultiver la mémoire des morts, de disposer d’un lieu de conservation du corps en cohésion avec une foi authentique et un humanisme authentique.
 
     Voici ce qu’en pense l’Abbé Zanotti-Zorkine, curé de Marseille : « Je suis fermement opposé à ces pratiques. Je ne vois se dégager de cet anéantissement du corps que de mauvais fruits. Mais quoi, toute sa vie, on a fait attention à notre corps, on l’a soigné, on a recouvert de Biafine la moindre brûlure et à la fin, on le crame dans un four à mille deux cents degrés avant de s’occuper du squelette qui, évidemment ne brûlant pas, doit être au sens strict tiré par les pieds pour le faire glisser dans un broyeur qui le pulvérise (y compris évidemment, le crâne !) Comme vous le savez, durant le temps de la crémation, la famille attend dans un salon que l’urne soit apportée.
    Toute ma vie, je reverrai cette maman que j’avais accompagnée pour la mise à la flamme de son jeune fils de vingt-sept ans. Au cours de cette heure et demie que nous avons passée ensemble et qui dura une éternité, de temps en temps, elle se tapait la tête contre le mur et criait : « Mon fils est en train de brûler ! » Et puis soudain, l’urne est là, sous vos yeux : « Mesdames, Messieurs, observons une minute de silence ! » Et l’on voit danser sur l’urne mortuaire encore chaude des particules de cendres qui vous font froid dans le dos.
    
    Tout cela est inhumain et par conséquent irrecevable. Quant à la dispersion des cendres, elle n’est pas permise par la sainte Eglise. Le corps, même anéanti par les flammes, doit reposer dans un cimetière et attendre la résurrection. Il faudrait que tous les prêtres s’insurgent contre ces pratiques qui laissent entendre que l’homme retourne au néant. »