Plus de cinq mille prêtres formés à Rome

publié le 12 nov. 2013 à 11:23 par Olivier du Chambon   [ mis à jour : 12 nov. 2013 à 11:23 ]

LOURDES, 11 novembre 2013  - Les évêques de France réunis à Lourdes pour leur assemblée plénière d’automne (5-10 novembre) ont confirmé leur « responsabilité » du Séminaire pontifical français de Rome « ad experimentum ». Une décision dans la ligne de leur réflexion sur la formation des futurs prêtres.

Les évêques ont en effet pris le relais des Pères spiritains auxquels le séminaire était confié jusqu’en 2009. Le recteur est pour cette raison un prêtre diocésain - de Belley-Ars -, le P. Sylvain Bataille.

Depuis sa fondation, il a accueilli quelque 5000 séminaristes ou jeunes prêtres. Actuellement, dix-huit diocèses français ont envoyé des séminaristes ou des jeunes prêtres se former à Rome. Mais le séminaire accueille aussi traditionnellement des étudiants d’autres nations et des étudiants orthodoxes: il a ainsi accueilli autrefois le futur patriarche de Constantinople, Bartholomaios Ier !

Le premier mandat « ad experimentum » expirait en 2014 : les évêques ont donc décidé de reconduire la formule.

Cette décision intervient alors que les évêques ont ouvert leur assemblée sur un message du pape François encourageant leur sollicitude pastorale vis-à-vis des futurs prêtres, de façon à former de solides hommes de foi, proches des personnes, surtout les plus délaissés.

« Votre souci d'une formation solide des futurs prêtres doit viser à préparer des hommes de foi, profondément attachés au Christ et proches des personnes qui leur sont confiées, n'ayant pas peur d'aller vers les hommes et les femmes qui ne connaissent pas encore Jésus Christ », a écrit le pape à Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France.

Leur formation a en effet été au cœur des débats, notamment à partir de la présentation de trois expériences illustrées par Mgr Jean-Jacques Aillet, évêque de Bayonne,  Lescar et Oloron, de Mgr Jérôme Beau, directeur du Collège des Bernardins, à Paris, et de Mgr Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay.

L’occasion, indique le porte-parole des évêques de France, Mgr Bernard Podvin, de constater les  « préoccupations communes », en particulier celle de la « formation des formateurs », et d’« équipes de formateurs », en visant un « service du long terme ».

Cette interrogation sur les « critères » de la formation - « quels prêtres pour demain ? » -, avec les « conséquences institutionnelles » que cela entraîne « va nous accompagner au moins toute l’année 2014 », a souligné Mgr Podvin. Il rappelle aussi le grand rendez-vous du « rassemblement national » des séminaires également en 2014.

Le Séminaire pontifical français de Rome est né de la volonté commune du bienheureux Pie IX et des évêques de France de permettre à des séminaristes ou à des jeunes prêtres de bénéficier des richesses d'une formation à Rome, explique le site en ligne du séminaire.

Il a été fondé en 1853 par la Congrégation du Saint-Esprit qui en a assuré le suivi jusqu’au début de l’année sacerdotale voulue par le Pape Benoît XVI. Depuis le 4 août 2009, jour du cent-cinquantième anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, le séminaire a en effet été pris en charge par la Conférence des évêques de France (Statuts du Séminaire, article 1).

Le samedi 6 juin 2009, à l’occasion de cette passation de témoin des Spiritains aux évêques de France, le pape Benoît XVI disait à la communauté du séminaire : « C'est avec joie que je vous accueille à l'occasion des célébrations qui marquent ces jours-ci un moment important de l'histoire du Séminaire pontifical français de Rome. La Congrégation du Saint-Esprit qui, depuis sa fondation, en avait jusqu'alors assumé la tutelle la remet à présent, après un siècle et demi de fidèle service, à la Conférence des Évêques de France. »

« Nous devons rendre grâce au Seigneur pour le labeur accompli dans cette institution où, depuis son ouverture, près de 5000 séminaristes ou jeunes prêtres ont été préparés à leur future vocation », a ajouté Benoît XVI qui a souligné la spécificité de cette institution : « La particularité du Séminaire français est d'être situé dans la ville de Pierre ; pour reprendre le vœu de Paul VI (cf. Discours aux anciens du Séminaire français, 11 septembre 1968), je souhaite qu'au cours de leur séjour à Rome, les séminaristes puissent de façon privilégiée se familiariser avec l'histoire de l'Église, découvrir l'ampleur de sa catholicité et sa vivante unité autour du successeur de Pierre et qu'ainsi soit à jamais fixé en leur cœur de pasteur l'amour de l'Église. »

Pour l’année 2012-2013, le séminaire a compté 6 formateurs et 56 étudiants dont 21 nouveaux, dont 13 en première année de théologie. Sur l’ensemble, il y avait 40 séminaristes (deux en stage en paroisse dans leur diocèse), 14 prêtres étudiants et 2 étudiants orthodoxes.

La communauté a une dimension internationale : aux côtés des 41 français, il a accueilli 5 Italiens, 1 Camerounais, 1 Chinois, 1 Congolais de RDC, 1 Congolais de RC, 1 Ghanéen, 1 Togolais, 1 Roumain, 1 Sénégalais, 1 Serbe et 1 Syrien. En tout, 19 diocèses de France étaient représentés, mais aussi 7 diocèses étrangers et différentes communautés religieuses (spiritains) ou communautés nouvelles.