SILENCE,ON LIT ! ( par l'Abbé Hervé Benoît)

publié le 19 avr. 2012 à 04:38 par Olivier du Chambon
    Un Ancien a dit : « Le Seigneur nous a donné deux oreilles et une seule bouche afin que nous ne disions que la moitié de ce que nous entendons. » Constatation fort avisée !
    Et si la recette contre la morosité c’était de prendre la résolution de nous taire ? Contre la cacophonie générale, la logorrhée, le boniment et le verbiage, prendre la ferme résolution d’ « entrer en silence », comme on entre en résistance. Voilà un changement authentique !…
 
    La clé du silence, offerte à qui la veut par la tradition, a pour nom « lecture ». « Lecture » au sens fort du mot. Cette lectio que les Anciens, cités plus haut, nous ont laissée en héritage….
    La lecture n’est pas distraction, mais ascèse : « Le lecteur idéal est celui qui attend des textes qu’ils lui donnent leur sens, au lieu de le leur imposer… qui ne contraint pas ces textes à paraître contenir ce que, dès avant sa lecture, il a décidé d’en comprendre » (Saint Hilaire)
    Qui es-tu pour donner des leçons aux prophètes et aux docteurs ? Mets-toi à leur école. Tu n’es qu’un nain et un enfant, ne crois pas que tu vois ou que tu sais. Tout viendra en son temps si nous nous laissons instruire.
     Lire n’est pas le fait de l’intellectuel, mais de celui qui aime. Question de qualité et non de quantité, de « cœur » au sens d’un désir de lumière et de vérité plus que de savoir. Cette gratuité porte une fécondité insoupçonnée. Les Anciens disaient même que si elle était authentique, elle était destinée par essence à passer « dans les mouvements du cœur et dans la conduite ». (Saint Bernard)