Un pape nommé François

publié le 8 mai 2013 à 04:18 par Olivier du Chambon
                                           L'Eglise catholique n'est pas une ONG.
 
    Depuis l’élection du cardinal Bergoglio à la tête de l’Eglise catholique, le monde regarde le Vatican avec curiosité. La foule, place Saint-Pierre, conquise par la simplicité du souverain pontife, manifeste son enthousiasme. Du côté des médias, l’embellie continue. Les journalistes, persuadés qu’avec le pape François, « le changement, c’est maintenant », guettent le moindre indice propre à confirmer ce dont ils rêvent : un pape qui s’emploierait à défaire l’œuvre de son prédécesseur, le honni Benoît XVI, et lancerait enfin la grande révolution du catholicisme dont le premier acte pourrait être, au hasard, à l’heure du mariage pour tous, le mariage des prêtres.
 
    Comme Godot, les commentateurs attendront longtemps ce qui ne viendra pas. Les éditeurs français se sont hâtés de traduire des textes publiés par le cardinal Bergoglio du temps où il était archevêque de Buenos Aires (1). Il suffit de les lire et d’écouter les interventions publiques de celui qui, le 13 mars dernier, a revêtu la soutane blanche pour comprendre que François, premier pape du nom, est d’abord un pasteur d’une haute spiritualité, nourri par la prière et par l’exigence du combat intérieur qui oppose, selon saint Ignace de Loyola, fondateur des jésuites, l’empire du diable à l’empire de Dieu. On est loin, en l’occurrence, de la vision d’une ONG gentillette et politiquement correcte à laquelle certains voudraient réduire l’Eglise catholique.
 
     Différent de Benoît XVI, le pape François l’est par l’itinéraire personnel, bien exposé par ses deux premières biographies en français (2), comme par le style, y compris liturgique. Mais l’un et l’autre partagent, sur le plan du caractère, l’humilité et l’attention aux autres et, sur le plan des idées, la théologie et la volonté de tourner le regard des hommes vers le Christ. Paraphrasons Maurice Clavel : « Le pape est le pape, nom de D… ».
 
Jean Sévillia dans le Figaro
 
(1) – Amour, service et humilité, de Jorge Mario Bergoglio, pape François, Magnificat, 144 p., 14,50 €.
– Seul l’amour nous sauvera, de Jorge Mario Bergoglio, pape François, Parole et Silence/Editions du Rocher, 188 p., 15 €.
– Je crois en l’homme. Conversations avec Jorge Bergoglio, le pape François, Flammarion, 230 p., 16,90 €.
 
(2) – François. Le pape des pauvres, d’Andrea Tornielli, Bayard, 188 p., 16 €.
– François. Pape du nouveau monde, de Michel Cool, Salvator/Yves Briend Editeur, 126 p., 12 €.