Depuis que Mohammed s'appelle Joseph, il risque la mort

publié le 31 mai 2010 à 23:14 par Paroisse Blanzay   [ mis à jour le·6 oct. 2012 à 12:14 par Olivier du Chambon ]

Lue dans Valeurs actuelles la présentation du livre de Joseph Fadelle, ancien musulman converti :

Lpap"Quand elle apprend sa conversion, c’est sa famille qui le rejette. Plus pour une question de réputation que par vraie conviction théologique. Son père ne peut supporter la honte que représente le fait d’avoir un fils chrétien. D’autant que Mohammed, qui a neuf frères et dix soeurs, est l’héritier, « le préféré », désigné pour succéder à son père. Sa mère, elle, ne lâche que deux mots : « Tuez-le. » La plus haute autorité chiite d’Irak, l’ayatollah Mohammed Sadr, prononce la fatwa qui scelle son sort : « S’il se confirme qu’il est chrétien, alors il faudra le tuer, et Allah récompensera celui qui accomplira cette fatwa. »

En guise d’avertissement, il est enfermé dans la prison Hakimieh où sont détenus des prisonniers politiques. Il devient le numéro 318. Pendant trois mois, il y est battu et torturé : on veut qu’il donne les noms de ceux qui l’ont conduit à embrasser la foi chrétienne. Mohammed se tait. Il passera seize mois en prison. Il pesait 120 kilos en arrivant, il n’en pèse plus que 50 à sa sortie.Pendant les mois de solitude et de privations, une seule pensée le fait tenir : vivre jusqu’au baptême et à la communion.

Mais il risque sa vie en restant en Irak. Un prêtre lui conseille de quitter le territoire, avec ses deux enfants et sa femme, qui s’est elle aussi convertie. Mohammed choisit de fuir en Jordanie où il est hébergé par une famille de chrétiens. Dans la clandestinité, il est baptisé avec sa famille et change de nom. Le danger reste omniprésent ; ses frères le recherchent, le retrouvent, veulent le ramener en Irak. Devant son refus, son cousin lui tire dessus à bout portant. Mystérieusement, la balle ne l’atteint pas, tandis qu’une « voix féminine, intérieure, [lui souffle] de fuir à toute vitesse ». Il n’est touché qu’au mollet, s’effondre et se réveille dans un hôpital, sans savoir ce qu’il fait là ni comment il est encore en vie.

De nouveau condamné à l’exil pour mettre sa famille à l’abri, il obtient avec difficulté un visa pour la France. Quitter l’Orient est un déchirement, mais il n’a plus le choix : « L’islam et la société qui émane de cette religion m’auront privé de la plus élémentaire liberté. Elle seule m’aurait permis de vivre en paix sur cette terre d’Orient qui est aussi celle des chrétiens. […] Je me sens arraché à ma terre, telle une feuille d’arbre tombée par terre et balayée par les vents, piétinée. »

La famille Fadelle débarque à Paris le 15 août 2001. Joseph, son épouse et ses deux enfants participent aussitôt, sur le sol français, à une procession dédiée à la Sainte Vierge. Impensable en terre musulmane. Aujourd’hui, Joseph Fadelle a obtenu la nationalité française. Il a écrit le Prix à payer pour témoigner : « Ce livre correspond à ma mission : dire le danger de l’islam », une religion désireuse d’imposer, à tous, ses dogmes et ses coutumes. Une religion pour laquelle la laïcité ne signifie rien".