Heure Sainte : Passer une heure de prière, uni au Christ

publié le 27 févr. 2021, 02:02 par Pierre Roland-Gosselin   [ mis à jour : 27 févr. 2021, 02:15 ]

Qu’est-ce que l’Heure Sainte ?

L’Heure Sainte consiste à passer, dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque mois, une heure de prière uni au Christ dans le début de Sa passion, c’est-à-dire au Jardin des Oliviers. Sainte Marguerite-Marie rapporte qu’après lui avoir demandé de communier tous les premiers vendredis de chaque mois (à une époque où l’on ne communiait pour ainsi dire presque plus) Jésus lui dit :

« Toutes les nuits du jeudi au vendredi, Je te ferai participer à cette tristesse mortelle que J’ai bien voulu souffrir au Jardin des Oliviers (…). Pour m’accompagner dans cette humble prière, que Je présenterai alors à mon Père, parmi toutes mes angoisses, tu te lèveras entre onze heures et minuit pour te prosterner pendant une heure avec moi (…) pour adoucir en quelque façon l’amertume que Je sentais de l’abandon de mes apôtres qui m’obligea à leur reprocher qu’ils n’avaient pu veiller une heure avec moi, et pendant cette heure, tu feras ce que Je t’enseignerai.( Cf Vie et Oeuvre de Ste Marguerite Marie)

Nulle part, Jésus ne demande à d’autres que sainte Marguerite-Marie de s’associer à cette prière, mais rapidement, les Chrétiens ont eu la conviction que le désir de Jésus s’étendait à eux aussi. Elle a été encouragée par l’église, et le pape Pie XI, dans son encyclique Miserentissimus Redemptio, reconnaitra que l’Heure Sainte répond au désir de Jésus comme une pratique d’amour, de compassion et de réparation. ( voir dans la rubrique "Actualités" le texte de l'encyclique):

"Si l’angoisse de Jésus à Gethsémani est si forte, c’est qu’il perçoit que son Sacrifice d’amour ne rencontrerait qu’indifférence et révolte de la part de tant d’êtres humains. En cette Heure, c’est la Tentation la plus redoutable, l’assaut ultime de l’Ennemi : faire croire à Jésus que son Oblation serait vaine. Dans la solitude amère du Jardin des Oliviers, le Seigneur, broyé par la souffrance, vit les paroles du psalmiste : « J’espérais la compassion, mais en vain, des consolateurs, je n’en ai pas trouvé » (Ps 69,21)"

Consoler le Cœur de Jésus

Il s’agit donc en quelque façon de consoler le Cœur de Jésus en partageant l’angoisse de la solitude traversée à cette occasion, alors que se profile le drame de sa Passion et de sa Crucifixion. Il ne s’agit pas simplement d’un temps de prière personnelle. Il s’agit d’une prière structurée autour de la méditation du mystère de l’agonie du Christ, de sorte que nous soyons présents de cœur là-même où les apôtres, accablés de fatigue, n’ont pu trouver la force de « veiller une heure » avec Lui : Là où l’Heure Sainte est vécue en paroisse, ou dans une communauté, le Saint-Sacrement est exposé. Mais elle peut aussi se vivre chez soi, en particulier comme en commun. On prend un chant qui nous met en présence de Jésus. On fait la lecture d’un des évangiles de l’Agonie de Jésus à Gethsémani. On peut le découper en trois ou quatre passages, entre lesquels on peut faire quinze à vingt minutes de méditation ; on peut éventuellement prendre un chant priant entre chaque intervalle. A la fin de l’Heure, là où le Saint-Sacrement a été exposé, on Le dépose. On peut alors terminer par un hymne en l’honneur de la Vierge Marie.

« En réponse à mon empressement à leur faire du bien, les hommes n’ont que froideur et rebut…Toi du moins, console-Moi en suppléant à leur ingratitude…Tu communieras tous les premiers vendredis du mois et toutes les nuits du jeudi au vendredi, Je te ferai participer à cette tristesse si mortelle que j’ai voulu porter au Jardin des Oliviers. » ( Jésus à Ste Marguerite Marie) 

 

Exemple de méditations

 

La couronne d’épines était encore combien plus cruelle au Cœur du Seigneur qu’à sa tête Sacrée. Aussi en montrant son Divin Cœur à sa privilégiée de Paray-le-Monial, Il a voulu que nous le voyions couronné d’épines. Ah ! C’est que cette couronne lui était le supplice que Lui font subir à tout instant les hommes dans leur fol et brutal orgueil ; dans leurs pensées morbides, dans la vanité de leur vaine gloire, dans l’entêtement de leurs révoltes. (Marthe Robin)

Allons, allons au-devant de notre bon Maître… Il vient à nous plein de bonté, plein d’amour et du plus ardent de tous les amours. N’allons pas à lui avec froideur et indifférence, tâchons d’exciter en nous cette faim, ces désirs violents qui ont fait languir les âmes saintes. Il vient à nous chargé de grâces et de trésors pour nous enrichir ; n’allons pas à lui les mains vides … Mais surtout qu’il ne se passe point de moment, s’il est possible, qui ne soit sanctifié par quelque acte intérieur de contrition de nos péchés, de compassion pour les douleurs de Jésus-Christ, de protestation de le mieux servir désormais… (St Claude La Colombière)

Quand arrive l’heure marquée par Dieu pour sauver l’humanité de l’esclavage du péché, Jésus se retire ici, à Gethsémani, au pied du mont des Oliviers. Nous nous retrouvons dans ce lieu saint, sanctifié par la prière de Jésus, par son angoisse, par sa sueur de sang ; sanctifié par-dessus tout par son « oui » à la volonté d’amour du Père. Nous avons presque peur de nous rapprocher des sentiments que Jésus a éprouvés en cette heure ; nous entrons sur la pointe des pieds dans cet espace intérieur où s’est décidé le drame du monde. En cette heure, Jésus a senti la nécessité de prier et d’avoir auprès de lui ses disciples, ses amis, qui l’avaient suivi et avaient partagé de plus près sa mission. Mais ici, à Gethsémani, le suivre se fait difficile et incertain ; le doute, la fatigue et la terreur prennent le dessus. (Pape François)

« Et maintenant nous mettons tout notre cœur à te suivre, à te craindre et à rechercher ta face. Ne nous laisse pas dans la honte, mais agis avec nous selon ta mansuétude et selon la grandeur de ta grâce. Délivre-nous selon tes œuvres merveilleuses, fais qu’à ton nom, Seigneur, gloire soit rendue. Qu’ils soient confondus, tous ceux qui font du mal à tes serviteurs : qu’ils soient couverts de honte, privés de toute leur puissance, et que leur force soit brisée. Qu’ils sachent que tu es seul Dieu et Seigneur, en gloire sur toute la terre. » (Daniel 3)

 

 

Evangile selon St Luc ( XXVI, 36,45)

 

 Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier. »

Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec moi. » Allant un peu plus loin, il tomba face contre terre en priant, et il disait : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. »

Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »

De nouveau, il s’éloigna et pria, pour la deuxième fois ; il disait : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » Revenu près des disciples, de nouveau il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil. Les laissant, de nouveau il s’éloigna et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles. 

Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. Voici qu’elle est proche, l’heure où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.

 

Source: https://www.sacrecoeur-paray.org/experimenter/heure-sainte/


 



 

 

Comments