La messe à l’endroit. Un nouveau mouvement liturgique

publié le 16 nov. 2010 à 22:50 par Paroisse Blanzay   [ mis à jour : 16 nov. 2010 à 22:59 ]




            L’abbé Claude Barthe, ancien chroniqueur de la revue Catholica, fourmille d’idées intéressantes et qu’il faut reconnaître qu’il a accompli un singulier bout de chemin vers Rome depuis quelques années. « Intellectuel » prisé des milieux traditionalistes, il a l’immense mérite de s’intéresser à l’Eglise universelle et pas seulement à la chapelle « tradi ». Aussi son dernier petit essai mérite le détour. Son projet est de proposé une « réforme de la réforme » de la messe dite de Paul VI qui puisse concrètement être mise en œuvre rapidement sans nécessiter de nouveaux bouleversements législatifs « autoritaires », puisque pour l’essentiel, ce qu’il préconise fait partie de la liturgie actuelle (et rejoint d’ailleurs nos propres propositions exposées ici même le mois derniers dans un esprit toutefois quelque peu différent) : réintroduction du latin, de la communion à genoux et sur la langue, usage du canon romain, orientation de la célébration vers le Seigneur et, enfin, restauration de l’ancien offertoire en silence (seul élément qui n’appartient pas au missel actuel et qui nécessiterait une directive romaine).

Pour l’abbé Barthe, revenir à une telle façon de célébrer la forme ordinaire ne pourra se réaliser progressivement que si on étend dans un même mouvement la forme extraordinaire, ces deux évolutions étant liées. Il va même jusqu’à préconiser pour les prêtres traditionalistes « exclusivement », d’accepter de célébrer « en un certain nombre d’occasions une messe de forme ordinaire ».

 

La position de l’abbé Barthe, si elle était suivie par l’ensemble de la mouvance traditionaliste et par un certain nombre de prêtres diocésains, marquerait une ouverture bien réelle que l’on ne peut que souhaiter. Il n’en demeure pas moins quelques points discutables dans son analyse. D’abord, il ne voit les « enrichissements réciproques » entre les deux formes liturgiques évoqués par Benoît XVI qu’a sens unique en figeant la forme de référence au rite intouchable de 1962. Et donc sa « réforme de la réforme » ne vise qu’à « améliorer » l’actuel forme ordinaire qu’il semble juger « déficiente », en laissant à terme cohabiter deux formes concurrentes du même rite romain : il est peu vraisemblable que Benoît XVI ait envisagé la « réforme de la réforme »dans cet esprit…. Mais enfin cela peut-être une phrase intermédiaire intéressante – soyons réalistes et pragmatiques ! -, il y a donc là un progrès notable qui mérite d’être salué.

 

Christophe Geffroy « LA NEF octobre 2010 »