Un pélerin...

publié le 11 mars 2010 à 12:39 par Jérôme Moreau   [ mis à jour le·3 avr. 2010 à 16:07 par Paroisse Blanzay ]
Un pèlerin en marche vers le paradis, se trouva un jour au pied d'une montagne. Levant les yeux, il fut pris de vertige, et, tombant à genoux, pria ainsi :
"Mon Dieu, comment vais-je faire pour gravir ce sommet ? C'est si haut ! Vous connaissez ma faiblesse, je n'y arriverai jamais !"
    Le Seigneur lui répondit : "Aie confiance, je ne t'abandonnerai pas. Tu franchiras ce mont et bien d'autres encore. Et pour cela, je te donne ma grâce si tu me le demandes, et je te confie deux bâtons de marche qu'il ne faudra en aucun cas perdre ni abandonner.
Le premier est le bâton de la prière et des sacrements : sers-t'en le plus souvent possible, il te rendra plus fort. Le deuxième, c'est l'aide que tu peux avoir en écoutant l'enseignement dispensé par les hommes d'Eglise, ainsi que le soutien de tes amis et des personnes de ta famille qui t'aiment. N'oublie pas non plus que dans le Ciel des âmes bénies prient pour toi. Maintenant, va, tu peux avancer dans ma lumière."
Mais le pèlerin devait porter un sac bien lourd : ses péchés, ses infidélités, ses imperfections, ses tentations, ses manquements...
 
     Cependant, il était courageux, avait une foi profonde et était inondé d'amour pour son Seigneur. Alors, plein de confiance, il se releva, et, après avoir bu à la source de la prière, avança lentement sur le chemin aride et escarpé.
Il se rendit bien vite compte des bienfaits que les cannes lui apportaient : en effet, lorsque, par exemple, il puisait à la fontaine de la confession, il sentait son sac devenir plus léger ; quand il rencontrait un ami très fervent, son coeur retrouvait l'allégresse des premiers temps ; s'il lisait un passage de l'Evangile, il tentait de se placer avec les apôtres tout près du Christ et il avait le coeur joyeux...
 
    Notre homme, souhaitant fermement accomplir la volonté divine, s'efforçait de poursuivre sa route, implorant le Ciel de son secours : "Mon Dieu, aidez-moi.... Saints et Saintes, portez-moi.... Notre Père...."
Pourtant, malgré ses nombreux efforts, il avait l'impression de piétiner plutôt que d'avancer. Il sentait le Seigneur à la fois très proche et totalement inaccessible.
 
    Un jour, notre pèlerin vit venir vers lui un jeune homme d'une exquise beauté et au regard limpide, qui prenait la même direction que lui.
"Que fais-tu là, sur ce chemin de montagne ?" lui demanda le jeune homme.
"Je cherche à avancer vers le Ciel" répondit le pèlerin.
"Veux-tu m'aider à porter mon sac ?"
"Oui, volontiers," répliqua le voyageur.
Il voulut prendre le sac de son nouveau compagnon, mais avait bien du mal à le soulever, tellement il pesait lourd.
"Pourquoi ton sac est-il si lourd?" osa-t-il lui demander.
"C'est ma mission." expliqua le jeune homme d'un air grave et déterminé.
Quelle est cette mission qui l'oblige à porter un si pesant fardeau ? se demanda le pèlerin. Mais il ne voulut plus se hasarder à  poser d'autres questions et prit le sac par une bretelle tandis que le jeune homme attrapait l'autre.
Ils avançaient donc ainsi côte à côte, péniblement, et devisaient sur les réalités d'en haut. Le pèlerin écoutait son compagnon avec avidité. En effet, celui-ci parlait du Paradis et de Dieu de façon tellement belle que cela lui donnait un  grand désir de poursuivre sa route.
Mais, subitement, le jeune homme et son sac disparurent. 
 
    Alors, tels les pèlerins sur la route d'Emmaüs, notre homme fut saisi d'une grande crainte et d'une immense joie à la fois. Il sentit son coeur se serrer et il comprit QUI se trouvait à ses côtés.
Il comprit que le jeune homme rencontré "au hasard" de sa route était le Christ, et que ce poids si lourd représentait tous les péchés des hommes. Et lui, à présent, quelque misérable qu'il fût, désirait ardemment aider son Seigneur à porter sa croix, comme il l'avait fait quelques instants auparavant avec le sac.
Tout devenait clair désormais : il se rendit compte que Dieu l'appelait à quitter sa famille et ses amis, pour Le suivre et devenir son prêtre, pour mener ses frères vers l'espérance et la foi.
Et dans un nouvel élan d'amour pour Dieu, son coeur brûlant répondit un "oui" franc et sûr. Sûr que Dieu aide et protège ses enfants. Sûr que son Père, dans son infinie bonté, lui donnera la force et la grâce nécessaires à sa nouvelle vie.

Anne