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LE MINISTRE ET SA MORALE

publié le 23 mai 2013 à 10:26 par Olivier du Chambon
 
    Vincent Peillon veut son prof de morale pour la rentrée 2015. L’aura-t-il ? On ne sait. Mais il a demandé à trois personnalités sensibles à ses arguments un rapport pour l’y aider. L’idée est connue : « Enseigner et faire partager les valeurs communes de la République est une des missions de l’école. » Certes. Mais, pour paraphraser une formule célèbre, la morale est un art simple et tout d’exécution. Le ministre a-t-il la réponse ?
 
     Il veut, durant la scolarité, un cours de « morale laïque », c’est-à-dire un professeur chargé du cours, et un manuel pour l’enseigner. Un seul prof de morale ? Les autres en seraient-ils dispensés ? Un manuel adapté par niveau, mais défini par qui ? Par un « conseil supérieur des programmes », lequel aurait ainsi le privilège de fixer la morale pour tous, comme d’autres autorités le font déjà, avec les préjugés que l’on sait, pour les manuels d’histoire, d’économie ou de philosophie ! Le ministre nous a même dévoilé ses préférences en plaidant pour la liberté de fumer du cannabis, ou en interdisant à l’enseignement catholique de se prononcer contre le mariage gay. Le premier article de la future « morale » serait celui de la loi Taubira.
 
     L’école a pourtant de quoi faire ! Non pas avec un seul prof dévoué à la « morale » mais avec tous ses enseignants chargés d’instruire enfants et adolescents, en se fondant sur quelques principes éternels mais peu à la mode : l’apprentissage de la tenue, de l’autorité et du respect - pour le prof comme pour les garçons et les filles entre eux - ; l’apprentissage du travail, récompensé pour ses efforts, associé à la loyauté, au courage et à la solidarité. On devrait citer ces profs qui enseignent les disciplines sportives : ce sont eux les vrais moniteurs de morale, les seuls à pouvoir parler de palmarès, d’uniformes, de règles du jeu et d’envie de gagner.
 
    La morale ne peut être qu’un projet partagé et vécu chaque jour par la communauté éducative et les parents. Mais l’exemple vient toujours d’en haut. Ainsi cette classe de terminale C d’un lycée du Paris populaire. Le professeur de philo enseigne dans le brouhaha et finit par s’énerver : « Le prochain qui parle prend la porte ! ». Le tumulte se poursuit. On entend alors un élève s’exclamer : « Notre prof de philo est comme Hollande, incapable de prendre une décision ! »
 
 
 
 de François d’Orcival